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Comparée à ses grandes sœurs européennes, Montréal est certes une toute jeune ville. Mais pas trop jeune pour avoir ses fantômes. Il suffit par exemple de déambuler dans la Petite-Bourgogne pour constater à quel point certains quartiers sont demeurés hantés. Pour un amateur de jazz comme moi, les rues de ce faubourg, qui a entre autres vu naître Oscar Peterson, Maynard Ferguson et Oliver Jones, ont quelque chose d’enivrant.

Un jour que je l’interviewais pour Espace musique, le pianiste Oliver Jones, de quelques années plus jeune que son mentor et ami Oscar, m’a confié avec émotion des détails sur ses années de jeunesse dans la Petite-Bourgogne, son éblouissement constant devant les performances de celui qu’on surnommait le bombardier brun du boogie woogie. Pour moi, marcher dans Petite-Bourgogne, c’est inévitablement me remémorer ces anecdotes entendues ou lues, toujours baignées de la musique la plus swinguante qui soit.

Du coup, il me faut écouter "Lights of Burgundy" d'Oliver ou encore "Place Saint-Henri" d'Oscar. Du temps de la prohibition, bien avant la croisade de feu Jean Drapeau contre le crime organisé et le jazz à Montréal, la métropole québécoise s’était imposée comme une ville ouverte dont la Petite-Bourgogne était le cœur musical. À arpenter la rue Rufus-Rockhead, j’ai la nostalgie persistante de cette époque pourtant pas si lointaine où les boîtes de nuit les plus prestigieuses de la ville, dont le Rockhead’s Paradise, avaient pignon sur rue dans le faubourg et accueillaient régulièrement les stars locales et internationales.

Ah, ce que je ne donnerais pas pour pouvoir remonter le cours du temps et faire plus ample connaissance avec les fantômes de la Petite-Bourgogne…

Stanley Péan

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