C-Drik : le récit du vétéran
Publié le : 06 juin 2012
Je l’ai déjà qualifié de Plume Latraverse du hip-hop, et C-Drik ne s’offusque pas de la comparaison. Comme le grand flanc mou du rock québécois, C-Drik est un auteur prolifique et un interprète explosif que le chant des sirènes de l’industrie musicale a toujours laissé indifférent. « Je n’écris pas des tounes pour passer à la radio. Il faudrait que j’insère des couplets chantés dans mes morceaux et que je m’abstienne de sacrer, et ça ne m’intéresse pas », énonce-t-il candidement.
C-Drik a commencé à rapper dans la langue de Molière au milieu des années 90, à une époque où nombre de ses pairs s’escrimaient encore à écrire leurs textes en anglais. Au sein des Complys, avec L’Queb et DBG, il a fait du bruit au tournant du siècle. Mais au fil des ans, en solo ou en groupe, C-Drik est resté un artiste de l’underground, un nom surtout connu des férus de rap québécois, qui, en revanche, peuvent réciter par cœur les paroles de certains de ses morceaux comme Bouge ou La loi du moindre effort.
Pour C-Drik, le hip-hop est plus qu’un style de musique, c’est un mode de vie auquel il n’a pas l’intention de renoncer de sitôt. L’approche de la quarantaine ne lui donne pas envie d’accrocher son micro. Au contraire, il prépare le retour des Complys, jette les bases d’un nouvel album solo et s’implique activement au sein du collectif des 12 Singes. S’il sourit lorsqu’il fait l’objet d’un portrait pour RFI ou quand Laurent Saulnier l’invite aux FrancoFolies avec les 12 Singes, C-Drik ne s’emballe pas pour autant. Son objectif, c’est de durer.
Sébastien « Baye Sikime » Tétrault
