Colin Vallon : un piano, plusieurs paysages
Publié le : 18 juillet 2012
« J’aime bien les choses belles, mais les choses qui ont une beauté un peu étrange, un peu bizarre… » Colin Vallon, pianiste et compositeur
Colin Vallon est un pianiste suisse formé à Berne, et il est surtout un habile créateur de panoramas sonores suggestifs de lieux étranges, un brin mystiques, évocateurs d’ambiances étonnantes et de temps oubliés.
Lors de son passage au Festival international de jazz de Montréal, je l’ai rencontré et nous avons parlé de musique en général et de son plus récent disque, Rruga, en particulier. Voyez ci-contre cette entrevue où, entre autres, il nous explique la signification du titre Rruga (un mot albanais) et son intérêt pour la musique savante contemporaine.
Pas de Radiohead
J’ai retenu de Colin Vallon l’image d’un garçon hyper talentueux et surtout très curieux, attiré par la technique du piano préparé de John Cage, comptant Keith Jarrett et Christian Wallumrod parmi ses influences avouées, et, ô surprise!, peu intéressé par les reprises de standards pop à la Radiohead (groupe qu’il apprécie pourtant énormément). Il y eut bien quelques tentatives dans l’album précédent (une pièce de Brel et une autre tirée du répertoire de The Cranberries), mais elles ne donneront apparemment pas beaucoup de fruits.
« La sauce est devenue un peu trop étirée? » je lui demande. « Oui », me répond-il sans hésitation.
Un cycle prend fin, un nouveau s’amorce
Petit détail en terminant : le batteur associé au trio depuis 7 ans, Samuel Rohrer, quitte la formation et sera remplacé par Julian Sartorius. Rruga est donc le dernier témoin d’une collaboration que Colin qualifie d’exceptionnelle. La personnalité musicale assez différente de Julian promet d’inciter Colin à explorer de nouvelles facettes esthétiques. On ne peut que croire que ce sera stimulant!
Colin Vallon interprétant Rruga, extrait du plus récent album :
Frédéric Cardin
