Loco Locass : retour vers le futur du Québec

Publié le : 08 juin 2012



 

Biz, Batlam et Chafiik étaient des membres récents de l’industrie musicale lors de notre première rencontre il y a plus d’une décennie. Ils venaient alors de prendre le hip-hop québécois par surprise en déferlant sur scène coiffés de fleurs de lys, et ils étaient portés par la vague d’éloges que leur premier album, Manifestif, leur avait valus dans la presse. Ils ne manquaient ni d’idées, ni de fougue et, chose rare, étaient aussi bien campés dans leurs convictions que curieux et ouverts à la discussion.

Loco Locass aurait pu ne pas durer et rester l’oeuvre  éphémère de trois artistes talentueux et engagés. Mais Loco Locass a récidivé avec un deuxième disque, Amour oral, aussi percutant, sinon plus, que le premier, et sur lequel on trouve une chanson prophétique qui a fait beaucoup danser et penser : Libérez-nous des libéraux. Les médias traditionnellement fermés au rap se sont ouverts aux Loco Locass. Les paroles de leurs chansons ont été publiées. Les grands-parents ont appris à reconnaître le visage de Biz…

En 2012, Loco Locass est de retour avec un troisième album au titre à la fois provocateur (clin d’œil au Hip hop is dead de Nas) et porteur d’espoir : Le Québec est mort, vive le Québec! Ce disque, le plus politique des Loco selon Batlam, a été maintes fois remis en question et – coïncidence – paraît en plein printemps québécois, alors qu’une grande partie de la population de la Belle Province semble retrouver le sens du mot engagement. Il témoigne de l’importance du groupe, de la résilience de ses membres et de la force de ses rêves.

 

 

Sébastien « Baye Sikime » Tétrault