Anaïs : un cabaret à elle seule
Publié le : 10 juillet 2012
On avait hâte de la rencontrer: Anaïs a une carrière bien établie en France depuis plusieurs années. Fantaisiste des années 2000, elle est à elle seule un cabaret tout en étant aussi capable d’émotion au premier degré.
L’aventure décolle en 2003 avec son spectacle solo intitulé The cheap show : seule avec un micro et une pédale, elle séquence sa voix. Un équipement simple, voir minimaliste, mais son humour, son étendue vocale doublée d’un talent d’imitatrice et ses connaissances musicales transforment ce spectacle en phénomène. Ce onewoman show l’amène même à faire la première partie des Deftones aux Eurockéennes de Belfort.
Décaper la chanson fantaisiste :
Après ce tourbillon, elle sort The love album en 2008, puis À l’eau de Javel en 2012, un album dans lequel elle remet la chanson fantaisiste au goût du jour, reprenant Mistinguette, Marie Dubas et autres chanteuses de music-hall.
Anaïs est épatante par l’éventail de ses personnages : elle a de la précision, le sens du raccourci et de la caricature. On ajoute à ça une bonne dose d’autodérision, et on a devant soi une fille qui a du cran, beaucoup de cran.
L’humour au féminin
Peu de femmes osent avoir autant d’aplomb et d’humour, tant le désir de charmer et d’être regardée est aujourd’hui répandu. Anaïs, elle, capte l’attention par sa fraîcheur et son audace. Ça frôle parfois l’effronterie, mais ce n’est jamais choquant ni grossier.
On a donc profité du passage d’Anaïs pour parler de son nouvel album, de sa voix et de l’humour comme mode de séduction. On est aussi revenus sur The cheap show. Et on a beaucoup ri.
Ariane Cipriani
